Retour aux musées Barberousse

Bienvenue au spectacle des frères Barberousse ! Le long d’un cours d’eau rappelant les côtes de la Méditerranée, vous déambulerez en bateau, serpentant au milieu de décors qui vous raconteront l’une des plus grandes aventures historiques tunisiennes, celle de Khair-Eddine Barberousse. Chants et musiques guerrières vous plongeront dans l’ambiance du début du 16e siècle, lorsque la Tunisie devint l'enjeu d'un duel entre l’Empire chrétien des Habsbourg, gouverné par Charles Quint, et l'Empire Ottoman de Soliman le Magnifique. On apprend ainsi le rôle des corsaires Turcs, dont le célèbre Khair- Eddine, dit Barberousse Il était une fois quatre frères originaires de la petite île grecque de Lesbos, fils d’un potier turc et d’une mère grecque. Elyas, Ishaq, Arroudj et Khair-Eddine allaient marquer le siècle par leurs exploits.

Marchands puis corsaires dès leur plus jeune âge, Khair-Eddine et Arroudj cherchent d'abord à se mettre au service des souverains d'Égypte et de Tunisie. En Algérie, ils sont appelés par des gouverneurs des villes côtières attaquées par les Espagnols. Ils sont très forts et très robustes, ont la barbe rouge, les yeux vifs qui semblent lancer des flammes. Ils sont énergiques, très courageux et intrépides, magnanimes et d'une grande générosité.

Les frères Barberousse vont faire allégeance au sultan Ottoman Selim pour leurs conquêtes à venir. Arroudjest appelé « le Rouge », à cause de sa barbe rousse. C'est pourquoi on les surnomme, lui et son frère, « les Barberousse ». Le sultan Selim accorde à Arroudj le titre de Beyler bey d'Alger, qui devient une Régence. En quelques années, Arroudj soumet une grande partie du Maghreb Central. En 1519, après la mort d’Arroudj, Khair-Eddine se place lui aussi sous le pouvoir ottoman. Il est investi par le sultan Selim 1er comme Beylerbey d'Afrique et ses entreprises militaires sont ouvertement appuyées par Istanbul. Les victoires successives de Khair-Eddine lui valent la richesse et une grande célébrité dans la capitale de l'Empire ottoman. Il est alors invité à « la sublime porte », où les pachas le présentent à Soliman le magnifique. Il est accompagné par des centaines chameaux portantes des trésors des côtes méditerranéennes. Il prie son altesse de les accepter, et lui présente aussi des lions et des léopards qu’il a ramenés d’Afrique.

Ces présents sont très agréables à Soliman, qui lui fait le plus grand accueil. Les pachas l’écoutent sans inquiétude et avec tranquillité, mais leur jalousie s’éveille lorsque Barberousse est élevé par le sultan Soliman au rang de grand amiral ou kapudan Pacha, en 1533, et chargé de réformer la flotte de l'Empire. C'est ainsi qu'en 1534, il réussit à occuper Tunis, Bizerte et Kairouan, en chassant le nouvel émir Hafside al-Hassan, et en libérant les musulmans et les juifs qui sont persécutés par Charles-Quint. Charles-Quint, Grand empereur d’Allemagne et roi d’Espagne, est appelé par le souverain de Tunis déchu. Pour parer au danger ottoman qui contrôle désormais les côtes algériennes et tunisiennes ainsi que le détroit de Sicile, il décide de former une puissante armada de 412 bâtiments et de 35.000 hommes qui, sous son commandement personnel, débarque le 16 juin 1535 sur les côtes de Carthage. Le 14 juillet, il enlève le fort de La Goulette puis, au bout d'une semaine, finit par occuper Tunis. Le protectorat espagnol sur l'émirat hafside est souvent ébranlé par la résistance de la flotte ottomane, dirigée par Barberousse et ses successeurs, mais dure jusqu’en 1574. C’est Sinan Pacha qui libèrera définitivement la Tunisie, qui devient une régence ottomane, à l'instar d'Alger et de Tripoli.

Khair-Eddine achève sa vie active après plusieurs victoires retentissantes, comme celle qu’il remporte en Italie en 1544. A Istanbul, parmi les siens, il mène une vie paisible dans son palais, où il peut jouir de tout le luxe permis. Honoré par Soliman le Magnifique, il lui dédie à sa mort un mausolée, qui se dresse sur les rives du Bosphore. A l'occasion de chaque nouvelle investiture d'un grand amiral, et de chaque départ solennel de la flotte, l’armée ottomane salue ce grand homme d’Etat.

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